Hello tout'l'monde, me voilà de retour sur le blog. Je profite de mon dernier W-E de vacances pour continuer à réveiller mes souvenirs et à les partager avec vous. Hum! J'ai l'impression d'avoir 70 ans quand je dis ça! C'est mon p'tit côté ringard. ;-) Rassurez-vous, je ne vous oublierai pas pendant les cours et je continuerai à maintenir le blog à jour.
Les voyages... l'évasion, la découverte de l'inconnu, la décompression et l'oubli des soucis du quotidien, voilà de nombreuses raisons qui nous poussent à mettre les voiles de temps en temps. Mes parents ont beaucoup voyagé avec moi quand j'étais petit, mais je ne peux naturellement pas me souvenir de tout. Toutefois, un des pays qui revenait souvent, c'était l'Italie. Codroipo, Lignano, l'Adriatique... Là-bas, nous avons fait par hasard la connaissance de Rodolpho, vieil italien du Nord pur souche, qui chérissait sa patrie et qui avait oun caractèrrr dè cochon. Mais il était adorable. Il avait la bonne habitude d'appeler mon frère "pètit'escargot" ou "pètite charogne", ce qui ne ravissait pas particulièrement Maxime, mais qui me mettait toujours de bonne humeur! :-)
Nous nous sommes liés d'amitié avec lui, il est même venu passer quelques temps avec nous en Belgique un peu avant sa mort, lui qui ne quittait presque jamais sa terre natale, même si il parlait assez bien le français. C'est pourquoi nous allions souvent lui rendre visite, toujours aux environs du 15 août pour ne pas rater la fiesta de l'assunzione, conclue par un superbe feu d'artifice sur la plage que j'attendais chaque année avec la même impatience. D'ailleurs, en parlant de feu d'artifice, j'étais très impressionné par les orages. Quand le ciel se déchaîne là-bas, c'est du sérieux et au moindre signe annonçant la colère, tous aux abris! .
Lignano pour moi, c'est aussi l'Aquasplash! C'est une sorte d'Aqualibi géant, avec tous les jeux d'eau possibles et imaginables. Moi qui aime les toboggans, j'étais servi. C'était la galère pour me tirer de là en fin de journée! Il y avait aussi un zoo que nous visitions souvent, les singes nous proposaient un nouveau festival à chaque fois, mon frère en a même perdu sa casquette, on a pas osé aller la rechercher dans la cage! Enfin, nous avons aussi visité Venise et ses pigeons. On m'avait raconté que cette ville serait engloutie par les eaux dans quelques dizaines d'année, et après le trajet en gondole qui nous a emmené jusque là, j'avais quelques craintes que la tragédie ne se déroule plus tôt que prévu. J'étais donc quelque peu soulagé de repartir vers notre hôtel. C'était impressionnant de nourrir les pigeons sur la place Saint-Marc, il y en avait tant qu'on ne pouvait les compter. Certains se laissaient même caresser et venaient picorer dans ma main. Mais si Venise est beau à voir, gare aux arnaques, la moindre chose dont vous pourriez avoir besoin est payante. Quant aux tarifs du Vaporetto... lol
Une autre de nos destinations fétiches, c'était la Grèce. Je me souviens surtout d'une magnifique croisière autour des îles. Nous avons pris l'avion jusqu'à Athènes, c'était mon premier vol. En tout cas, le premier dont je puisse me souvenir. Une fois là-bas nous avons embarqué sur un bateau immense, qui a scillonné la mer pendant une semaine pour faire escale à Istanbul, Rhodes, Santorin, et Mykonos où nous avons passé la deuxième semaine avant de rentrer à la maison. J'ai appris des tas de choses au cours de ce voyage, nous avons visité les mosquées en Turquie, avec ses marchands qui vous poursuivent partout pour vous vendre des babioles à des prix exorbitants. A Santorin, je ne pouvais évidemment pas profiter des paysages magnifiques, mais mon père tentait de me les décrire au mieux. Nous avons beaucoup marché, et j'ai eu la peur de ma vie ce jour-là. C'était un sentier escarpé, les touristes pouvaient monter et descendre à pieds ou à dos d'âne. Nous l'avons emprunté pour redescendre, et nous avons croisé un troupeau qui montait dans l'autre sens. Nous devions nous plaquer contre les murs pour éviter de nous faire piétiner... j'ai cru que ma dernière heure était venue, et que j'allais y rester. Mais nous avons miraculeusement échappé à ce péril, et je me suis juré de ne plus remettre les pieds à Santorin. J'ai changé d'avis aujourd'hui... :-)
Il y a eu la Corse et la Sardeigne, la forêt noire aussi mais je n'en garde que de vagues souvenirs.
Qui dit plage, soleil, détente en été dit sport, neige et joie de la glisse en hiver. J'ai découvert le ski alpin vers l'âge de 8 ans. Nous sommes partis mon père et moi avec un groupe de non-voyants et de guides dans le Valais suisse. Quelle aventure d'apprendre à maîtriser ses skis, de travailler sa technique, d'oublier sa peur et de faire confiance à son guide. C'est à Patrick que je dois mes progrès, un moniteur qui n'a pas froid aux yeux et qui repousse toujours les limites de l'accessible aux non-voyants. Au tout début, je descendais les pistes au bâton avec lui, histoire de se familiariser avec la neige. Ensuite pour le guidage, le guide reste derrière et dit "gauche", "droite", "avant", donne des informations sur la pente et la qualité de la neige. Il y a des moniteurs spécialisés en Suisse, ils nous ont appris plein de choses. Maintenant j'ai suffisamment d'expérience pour me faire guider par à peu près n'importe qui, tant qu'il sait reconnaître sa gauche de sa droite!
J'ai participé à une dizaine de stages avec ce groupe de joyeux drilles. Et j'y ai biensûr emmené Claude à plusieurs reprises. Partout où Claude se trouve, il se passe toujours quelque chose de mémorable. Nous avons passé des moments fantastiques, et lorsque l'on se raconte les anecdotes de nos périples, nous en pleurons toujours de rire.
J'ai eu mon premier ordinateur entre les mains à l'âge de 7 ans. Ca ne ressemblait en rien à ce que nous avons aujourd'hui, mais j'étais fier de ce vieux dinosaure. Il appartenait à la famille, j'ai eu mon propre PC plus tard. Il y avait déja une synthèse vocale à l'époque, c'est-à-dire une voix synthétisée qui lisait le contenu de l'écran et qui me permettait de me familiariser avec le traitement de texte. Les choses se sont déroulées assez rapidement. Nous avons pris contact avec une firme qui commençait à développer des appareils braille fonctionnant avec l'ordinateur. Bravo la technologie, mais malgré tout les prix sont démentiel et le matériel n'est pas toujours fiable. Nous avons pu compter sur le soutien de l'association de parents de mon école primaire, qui organisera des activités pour récolter les fonds nécessaires.
Un nouveau monde m'ouvrait ses portes, celui de l'informatique. Heureusement pour moi, j'y ai accroché dès le départ. Cela me sera indispensable par la suite. Il a fallu une longue période d'adaptation à la machine, pour que je puisse l'utiliser de manière autonome. Progressivement, l'ordinateur remplacera la vieille et bruyante machine braille Perkins, et à partir de la 5ème primaire, pratiquement tous mes cours tenaient sur une disquette, et non plus dans 7 ou 8 fardes pleines à craquer. Quel soulagement!
Depuis, le matériel a fortement évolué biensûr, mais le principe reste le même aujourd'hui. J'utilise une barrette braille qui me sert de bloc-notes aux cours, et que je peux connecter à un ordinateur. Le texte qui apparaît à l'écran est retranscrit sur ma machine. J'ai également un clavier sur mon appareil braille, mais je peux utiliser le clavier normal, le résultat est le même. Une synthèse vocale m'accompagne dans mes lectures si nécessaire, c'est très monotone mais bien pratique lorsqu'on veut lire sans se fatiguer!
Pour vous donner une petite idée de ce que c'est, vous pouvez aller faire un tour sur ces deux sites:
Eurobraille et
Visuaide
Vous y trouverez certainement des photos des appareils, mais si vous voulez plus d'informations à ce sujet, n'hésitez pas à me le demander.
Ahlala, je discute, je discute, mais vous n'avez pas que ça à faire! On ne va pas s'arrêter en si bon chemin et votre compagnie m'est agréable, c'est pourquoi je vous livrerai la suite tout bientôt. Si vous avez des suggestions, ou si vous voulez que j'approfondisse un point ou l'autre, n'hésitez pas.
Bisous et bon week-end,
Ju