Et si je commençais par me présenter?

Bonne idée! Je m'appelle Julien, jusque là je ne vous apprend rien, je suis né le 12 octobre 1984 à Verviers. J'me souviens pas du jour de ma naissance, j'ai beau me casser la tête je n'arrive pas à remonter si loin! Enfin il paraît que j'étais plutôt fonceur, bien sympathique, si ce n'est la bonne idée que j'avais de pleurnicher uniquement la nuit... Mes parents se sont aperçus que j'étais non-voyant quand j'avais deux mois. J'ai dû visiter pas mal de cliniques aux quatre coins de la Belgique, mais rien à faire, aucune opération ne pourra me rendre la vue.
Horreur! Malheur!
Plutôt que de me taper dans la Meuse, mon père et ma mère se sont très bien occupés de moi. Ils ont même eu l'idée de concevoir un frangin qui serait là pour m'aider plus tard si nécessaire.
J'ai donc grandi dans une belle maison à Wegnez, j'y ai passé 8 ans et j'en garde de très bons souvenirs. J'ai eu la chance immense d'avoir un entourage toujours à l'écoute et prêt à tout pour que je puisse évoluer comme les autres. Que ce soit des membres de ma famille, des amis ou des connaissances, c'est grâce à tous ceux que j'ai croisé sur ma route que j'en suis là où je suis aujourd'hui, et je ne les remercierai jamais assez.
J'ai pu m'embarquer dans l'enseignement normal dès la maternelle, et les choses se sont heureusement bien déroulées dès le départ. J'ai découvert les joies du bac à sable, de la plasticine, du bricolage, et j'en passe! J'ai commencé à apprendre le braille à l'âge de kakran (4 ans). Le braille, kezako? Pour ceux qui voudraient en savoir plus ==> Cliquez ici
Ca n'était pas une partie de plaisir au début, mais nous apprenons tous à lire et écrire de toute façon, même si le mode d'écriture diffère. Mes parents ont donc appris le braille avec moi. A l'époque, l'informatique en était encore à ses débuts et nous étions loin d'imaginer que l'ordinateur ferait un jour partie de ma vie. J'utilisais donc une machine braille spéciale, en écrivant sur du papier plus épais que pour l'écriture en noir (c'est comme ça que j'appelle l'écriture des voyants). Ca faisait pas mal de boucan, mais à la longue, on s'habitue! J'avais donc le privilège de connaître l'alphabet à mon entrée en première primaire, ce qui m'était bien utile pour travailler d'autres choses comme la locomotion, l'autonomie, la psychomotricité...
Le braille, ça prend de la place. Pour vous donner un exemple, je me souviens d'un dictionnaire que j'avais en primaire...lorsqu'on empilait les treize volumes, le tas était plus grand que moi! Ca se passait aussi très bien avec les autres dans la classe. J'ai été rapidement accepté, ils posaient beaucoup de questions mais à cet âge-là, on ne se préoccupe pas encore des différences, on ne se rend pas compte. En ce qui me concerne, j'ai toujours trouvé normal d'être non-voyant, je n'ai pas eu de difficulté pour accepter mon handicap. Et si je me suis biensûr posé des tas de questions par la suite, ça ne m'a jamais gêné. Comment progresser si on ne s'accepte pas tel que l'on est?
Un jour, sous le sapin de noël ou derrière un gâteau d'anniversaire je ne sais plus, j'ai découvert...

Suite au prochain épisode, je sens que vous commencez à décrocher! :)

Kiss @ tous,

Ju

# Posté le mardi 05 avril 2005 15:50

Modifié le mardi 05 avril 2005 17:54

The suite!

Re tous,

Tout d'abord, merchi pour les coms et les appréciations sur msn, ça fait toujours plaisir et ça motive à poursuivre, biensûr. Continuez comme ça! :) Sans plus tarder, je vous livre la suite...!

Z'avez pas une ch'tite idée de la surprise qui m'attendait? Un synthétiseur biensûr! Un tout petit clavier style fisher price, il faut un début à tout. J'y suis rapidement devenu accro. Je jouais tout ce qui me passait par la tête et m'amusait à reproduire les chansons de la radio, dont la lambada à l'époque, souvenirs, souvenirs... Je passais donc mes temps libre entre le synthé et mon petit vélo Bmx. Je tournais et tournais à n'en plus finir autour de la cour derrière chez moi, à la grande frayeur de mes spectateurs attendris lorsque je frôlais les murs de près. Mais je connaissais mon affaire, et les mises en garde me passaient par-dessus la tête. J'avais également un skate-board. Et pour compléter le tableau, deux balançoires où mon grand-père nous poussaient mon frère et moi des heures durant, et un toboggan qui m'amusait beaucoup, j'ai toujours adoré les sensations fortes. Je me souviens même de l'avoir descendu avec le skate, doux inconscient que j'étais alors!
Tant que nous sommes dans le rayon des anecdotes, je pourrais aussi vous parler de ma vénération pour le Juste Prix sur TF1! Les fans du film Rain Man (un de mes préférés) comprendront de quoi je parle, je piquais littéralement une crise lorsque je manquais l'émission. C'était toujours la même rangaine sur le temps de midi, repas-télé: j'avais déja mes petites habitudes.

Un matin d'hiver, un compagnon inattendu est venu nous rendre visite. Nous avons recueilli un chien abandonné dans la neige, une sorte de caniche je crois. Je me suis chargé de le nommer Bambi. Il me suivait partout et acceptait sans broncher que je grimpe sur son dos. Il est rapidement devenu la coqueluche de la famille. Malheureusement ça n'a guère duré. Il est sorti un soir, je suis allé l'appeler mais il n'a pas voulu revenir. Une heure plus tard, un homme est venu sonner à notre porte pour nous annoncer que Bambi se trouvait sous ses roues... J'étais fort triste ce soir-là, j'ai éprouvé un de mes premiers vrai chagrin. Mais il en fallait bien plus que cela pour m'abattre, j'avais encore des tas de choses à découvrir et ce chien resterait un bon
souvenir.

Un jour où je testais les dérapages avec ma bécane, un plombier-zingueur du nom de Claude - Claudi pour les intimes -, est venu chez nous réparer la toiture. C'est un homme qui a la petite cinquantaine aujourd'hui, qui a le coeur sur la main et qui ne vit que pour rendre service aux gens qui l'entourent. Il était bouleversé, très touché la première fois qu'il m'a vu d'après ce qu'on m'a raconté. J'avais dans les 6 ans environ à l'époque, et il m'a emmené sur le toit pour me montrer ce qu'il fabriquait là-haut. Et de là est née une longue amitié qui est encore d'actualité aujourd'hui. C'est une personne très importante dans ma vie, qui jouera à la fois le rôle d'ami, de frère, et même de second père dans les moments difficile que la famille a traversé. Je lui doit également la découverte du ... basket. Aaaah, un sport magique! Je risque de vous bassiner souvent les oreilles avec ça, mais voilà une de mes passions depuis plus de 10 ans déja. Mon club de toujours, c'est Pepinster.
Cliquez ici pour accéder au site officiel
Difficile de vous dire ce que j'ai ressenti la première fois à un match, je me suis tout simplement laissé emporter par l'ambiance de fête qui régnait autour de moi. Parce que si le basket est un sport, c'est aussi une fête pour tous les supporters, et chaque match est un moment privilégié où nous vibrons ensemble pour une même cause. Bref j'y ai rapidement pris goût, et nous avons commencé à scillonner la Belgique avec Claude et nos amis, pour suivre notre équipe. J'ai petit à petit pris mes marques, je peux aujourd'hui suivre un match seul en écoutant le public, la balle, je vis entièrement le match, je compense la vue par tous les autres sens. Un peu plus tard, j'aurais un anneau à la maison, et je passerai des heures durantes à shooter et shooter encore. Je ne peux que jouer seul malheureusement, même aux States ils n'ont pas encore trouvé de solution pour le jeu en équipe, mais ça me permet de me défouler et c'est bien là le principal.
Il y a tant de souvenirs à raconter, j'essaie de faire le tri entre les détails et ce qui est important tout en vous communiquant un max de choses.

Je vous laisse pour aujourd'hui, la prochaine fois je vous parlerai de mes voyages. A 6 ans, on commence à comprendre que le monde s'étend bien plus loin que sa propre rue et que plus on en apprend, moins on en sait.

Gros zibous, @+++! Merci de me lire.

# Posté le jeudi 07 avril 2005 08:33

Présentation : et de 3 !

Hello tout'l'monde, me voilà de retour sur le blog. Je profite de mon dernier W-E de vacances pour continuer à réveiller mes souvenirs et à les partager avec vous. Hum! J'ai l'impression d'avoir 70 ans quand je dis ça! C'est mon p'tit côté ringard. ;-) Rassurez-vous, je ne vous oublierai pas pendant les cours et je continuerai à maintenir le blog à jour.

Les voyages... l'évasion, la découverte de l'inconnu, la décompression et l'oubli des soucis du quotidien, voilà de nombreuses raisons qui nous poussent à mettre les voiles de temps en temps. Mes parents ont beaucoup voyagé avec moi quand j'étais petit, mais je ne peux naturellement pas me souvenir de tout. Toutefois, un des pays qui revenait souvent, c'était l'Italie. Codroipo, Lignano, l'Adriatique... Là-bas, nous avons fait par hasard la connaissance de Rodolpho, vieil italien du Nord pur souche, qui chérissait sa patrie et qui avait oun caractèrrr dè cochon. Mais il était adorable. Il avait la bonne habitude d'appeler mon frère "pètit'escargot" ou "pètite charogne", ce qui ne ravissait pas particulièrement Maxime, mais qui me mettait toujours de bonne humeur! :-)
Nous nous sommes liés d'amitié avec lui, il est même venu passer quelques temps avec nous en Belgique un peu avant sa mort, lui qui ne quittait presque jamais sa terre natale, même si il parlait assez bien le français. C'est pourquoi nous allions souvent lui rendre visite, toujours aux environs du 15 août pour ne pas rater la fiesta de l'assunzione, conclue par un superbe feu d'artifice sur la plage que j'attendais chaque année avec la même impatience. D'ailleurs, en parlant de feu d'artifice, j'étais très impressionné par les orages. Quand le ciel se déchaîne là-bas, c'est du sérieux et au moindre signe annonçant la colère, tous aux abris! .
Lignano pour moi, c'est aussi l'Aquasplash! C'est une sorte d'Aqualibi géant, avec tous les jeux d'eau possibles et imaginables. Moi qui aime les toboggans, j'étais servi. C'était la galère pour me tirer de là en fin de journée! Il y avait aussi un zoo que nous visitions souvent, les singes nous proposaient un nouveau festival à chaque fois, mon frère en a même perdu sa casquette, on a pas osé aller la rechercher dans la cage! Enfin, nous avons aussi visité Venise et ses pigeons. On m'avait raconté que cette ville serait engloutie par les eaux dans quelques dizaines d'année, et après le trajet en gondole qui nous a emmené jusque là, j'avais quelques craintes que la tragédie ne se déroule plus tôt que prévu. J'étais donc quelque peu soulagé de repartir vers notre hôtel. C'était impressionnant de nourrir les pigeons sur la place Saint-Marc, il y en avait tant qu'on ne pouvait les compter. Certains se laissaient même caresser et venaient picorer dans ma main. Mais si Venise est beau à voir, gare aux arnaques, la moindre chose dont vous pourriez avoir besoin est payante. Quant aux tarifs du Vaporetto... lol

Une autre de nos destinations fétiches, c'était la Grèce. Je me souviens surtout d'une magnifique croisière autour des îles. Nous avons pris l'avion jusqu'à Athènes, c'était mon premier vol. En tout cas, le premier dont je puisse me souvenir. Une fois là-bas nous avons embarqué sur un bateau immense, qui a scillonné la mer pendant une semaine pour faire escale à Istanbul, Rhodes, Santorin, et Mykonos où nous avons passé la deuxième semaine avant de rentrer à la maison. J'ai appris des tas de choses au cours de ce voyage, nous avons visité les mosquées en Turquie, avec ses marchands qui vous poursuivent partout pour vous vendre des babioles à des prix exorbitants. A Santorin, je ne pouvais évidemment pas profiter des paysages magnifiques, mais mon père tentait de me les décrire au mieux. Nous avons beaucoup marché, et j'ai eu la peur de ma vie ce jour-là. C'était un sentier escarpé, les touristes pouvaient monter et descendre à pieds ou à dos d'âne. Nous l'avons emprunté pour redescendre, et nous avons croisé un troupeau qui montait dans l'autre sens. Nous devions nous plaquer contre les murs pour éviter de nous faire piétiner... j'ai cru que ma dernière heure était venue, et que j'allais y rester. Mais nous avons miraculeusement échappé à ce péril, et je me suis juré de ne plus remettre les pieds à Santorin. J'ai changé d'avis aujourd'hui... :-)
Il y a eu la Corse et la Sardeigne, la forêt noire aussi mais je n'en garde que de vagues souvenirs.

Qui dit plage, soleil, détente en été dit sport, neige et joie de la glisse en hiver. J'ai découvert le ski alpin vers l'âge de 8 ans. Nous sommes partis mon père et moi avec un groupe de non-voyants et de guides dans le Valais suisse. Quelle aventure d'apprendre à maîtriser ses skis, de travailler sa technique, d'oublier sa peur et de faire confiance à son guide. C'est à Patrick que je dois mes progrès, un moniteur qui n'a pas froid aux yeux et qui repousse toujours les limites de l'accessible aux non-voyants. Au tout début, je descendais les pistes au bâton avec lui, histoire de se familiariser avec la neige. Ensuite pour le guidage, le guide reste derrière et dit "gauche", "droite", "avant", donne des informations sur la pente et la qualité de la neige. Il y a des moniteurs spécialisés en Suisse, ils nous ont appris plein de choses. Maintenant j'ai suffisamment d'expérience pour me faire guider par à peu près n'importe qui, tant qu'il sait reconnaître sa gauche de sa droite!
J'ai participé à une dizaine de stages avec ce groupe de joyeux drilles. Et j'y ai biensûr emmené Claude à plusieurs reprises. Partout où Claude se trouve, il se passe toujours quelque chose de mémorable. Nous avons passé des moments fantastiques, et lorsque l'on se raconte les anecdotes de nos périples, nous en pleurons toujours de rire.

J'ai eu mon premier ordinateur entre les mains à l'âge de 7 ans. Ca ne ressemblait en rien à ce que nous avons aujourd'hui, mais j'étais fier de ce vieux dinosaure. Il appartenait à la famille, j'ai eu mon propre PC plus tard. Il y avait déja une synthèse vocale à l'époque, c'est-à-dire une voix synthétisée qui lisait le contenu de l'écran et qui me permettait de me familiariser avec le traitement de texte. Les choses se sont déroulées assez rapidement. Nous avons pris contact avec une firme qui commençait à développer des appareils braille fonctionnant avec l'ordinateur. Bravo la technologie, mais malgré tout les prix sont démentiel et le matériel n'est pas toujours fiable. Nous avons pu compter sur le soutien de l'association de parents de mon école primaire, qui organisera des activités pour récolter les fonds nécessaires.
Un nouveau monde m'ouvrait ses portes, celui de l'informatique. Heureusement pour moi, j'y ai accroché dès le départ. Cela me sera indispensable par la suite. Il a fallu une longue période d'adaptation à la machine, pour que je puisse l'utiliser de manière autonome. Progressivement, l'ordinateur remplacera la vieille et bruyante machine braille Perkins, et à partir de la 5ème primaire, pratiquement tous mes cours tenaient sur une disquette, et non plus dans 7 ou 8 fardes pleines à craquer. Quel soulagement!
Depuis, le matériel a fortement évolué biensûr, mais le principe reste le même aujourd'hui. J'utilise une barrette braille qui me sert de bloc-notes aux cours, et que je peux connecter à un ordinateur. Le texte qui apparaît à l'écran est retranscrit sur ma machine. J'ai également un clavier sur mon appareil braille, mais je peux utiliser le clavier normal, le résultat est le même. Une synthèse vocale m'accompagne dans mes lectures si nécessaire, c'est très monotone mais bien pratique lorsqu'on veut lire sans se fatiguer!
Pour vous donner une petite idée de ce que c'est, vous pouvez aller faire un tour sur ces deux sites: Eurobraille et Visuaide
Vous y trouverez certainement des photos des appareils, mais si vous voulez plus d'informations à ce sujet, n'hésitez pas à me le demander.

Ahlala, je discute, je discute, mais vous n'avez pas que ça à faire! On ne va pas s'arrêter en si bon chemin et votre compagnie m'est agréable, c'est pourquoi je vous livrerai la suite tout bientôt. Si vous avez des suggestions, ou si vous voulez que j'approfondisse un point ou l'autre, n'hésitez pas.

Bisous et bon week-end,

Ju

# Posté le samedi 09 avril 2005 11:01

Douce enfance, seraine innocence, heureuse insouciance...

Et si nous parlions un peu musique? Au même titre que l'air que je respire, la musique m'est indispensable pour vivre. Blottis au fond de mon berceau, je l'avais déjà compris, et les boîtes à musique étaient le remède idéal pour faire disparaître mes chagrins, au grand soulagement de mes parents, même si ils étaient obligés de remonter très régulièrement le mécanisme.
Mon parrain m'a offert très tôt un petit tourne-disque... j'étais fasciné! C'était un outil magique pour moi, je n'avais qu'à lever son bras pour qu'il comble mes oreilles. Mais si j'aimais la musique, j'étais aussi jouette, et sale gosse à mes heures. Qu'il était amusant de faire des grattes dans les disques ou de les utiliser comme freeze bee et écouter leur atterrissage incontrôlé à l'autre bout de la pièce. Vilain garnement!
Vous l'aurez compris, les vinyls n'étaient pas en sûreté en ma compagnie et n'étaient jamais à l'abri d'une mauvaise surprise. De toute façon, tout le monde s'en fichait, ces collections m'avaient été offertes de bon coeur et personne à part moi n'accordait d'importance à ces trésors. Qu'à cela ne tienne, moi j'avais mes préférés, et ceux-ci recevaient un traitement de faveur. La lambada dont je vous ai déjà parlé, les chansons du Grand Jojo, le sirop typhon... (je cherche après un lien pour vous le faire écouter). Ceux-là, pas question de les abîmer, il s'agissait plutôt de les faire tourner sans modération!
Je perdrai ces petites merveilles au cours du déménagement, mon père les ayant distrètement mis au feu avec un tas d'autres vieilleries. Si je lui en ai voulu par la suite, j'ai malgré tout rapidement oublié les disques. Les CDs ne vont pas tarder à les remplacer, et j'avais un grand stock de cassettes audio. J'adorais m'enregistrer, seul ou avec mes amis. Et j'avais biensûr des cassettes d'histoires et de chansons de toute sorte. En plus du synthé, je me suis découvert une brève passion pour l'ocarina, un instrument emplis de douceur. J'en ai reçu un en cadeau d'anniversaire, mais il n'a pas fait long feu, c'est fragile ce genre de choses... D'ailleurs à propos de synthé, Claude m'a offert un premier clavier digne de ce nom pour mes 9 ans, un Yamaha qui offrait déjà pas mal de possibilités. Il est chez lui aujourd'hui car d'autres claviers ont suivi, mais il m'arrive encore parfois d'en jouer, histoire de se rappeler comment c'était au début...

Le déménagement... nous y voilà. En route vers la découverte de mon nouvel univers au quotidien. Mes parents ont décidé de jouer les gestionnaires, et ont profité de l'occasion qui se présentaient: ils ont repris le Belvédaire à Theux, une maison de repos pour convalescents et définitifs d'environ 50 lits.
"Oufti cest graaaaand!" pensais-je tout haut. Je me sentais véritablement perdu dans ce dédale de couloirs la première fois, je me demandais comment j'allais m'y retrouver. Mais j'ai rapidement trouvé mes repères. Quitter le calme paisible de la maison de la rue Grand Riz pour l'effervescence parfois stressante d'une maison de repos, voilà qui avait de quoi perturber au départ. Nous avions nos propres chambre Maxime et moi. Nous avions l'habitude de manger avec le personnel, nous n'étions donc pas en contact direct avec les p'tits vieux. Heureusement...! Je me suis toutefois lié d'amitié avec certains d'entre eux. Je me baladais avec l'un, j'apprenais l'Assimil anglais avec un autre. Ma mère était submergée de travail, et j'étais beaucoup plus livré à moi-même. Ce n'était pas pour me déplaire, il y avait tant de choses à faire! J'utilisais déja beaucoup l'ordinateur, je passais pas mal de temps dehors pour essayer de retrouver de nouvelles pistes pour rouler à vélo, pour cueillir des fleurs ou pour partir à la pêche aux marrons. Puis le panneau de basket est arrivé. Les bons moments se succèdent et mon seul vrai soucis est de terminer mes devoirs à temps. Mais plus le temps passait, moins j'étais motivé pour l'école. Je crois que je commençais à en avoir un peu marre de l'endroit où je me trouvais, l'ambiance n'était plus ce qu'elle était, les enfants et parents qui donnaient du punch à cette école de Wegnez-Purgatoire étaient partis depuis longtemps. Nous n'étions que 5 en dernière année primaire, même Lucinda (Lulu pour les intimes), nous avait quitté.
En fin de cinquième, j'ai fait la connaissance d'un certain Cédric dans la cour de l'école, alors que je m'essayais au basket. Ce que je croyais être une grande amitié se met alors en place. Nous avons fait les 400 coups ensemble et cela jusqu'à ce que je remarque un an plus tard que je n'arrivais plus à remettre la main sur tel ou tel CD, ou que certains billets disparaissaient mystérieusement de mon porte-feuille... Je ne vous raconte pas la cruelle déception que j'ai ressenti une fois que j'ai compris ce qui se passait, jusque là je n'imaginais pas que ce genre de choses était possible. La trahison et le fait de profiter des autres étaient des notions qui m'étaient complètement étrangères. J'ai donc dû apprendre à faire preuve d'un minimum de méfiance envers les gens, et de toute façon c'est en ramassant ce genre de coups dans le dos qu'on apprend à faire ses armes.
Et avec tout ça, voilà la sixième qui touche à sa fin! Mes notes étaient assez catastrophiques, la prof était assez inquiète à mon sujet et c'était à moi de rectifier le tir pendant les cantonaux (l'épreuve finale avant la secondaire). J'en ai angoissé plus d'un à ce moment-là, et je n'étais pas très sûr de moi. Mais je savais qu'il fallait tout donner, je n'avais pas le droit de décevoir mon entourage...et je m'en suis sorti. J'avais la meilleure note avec Donovan, nous étions talonnés par Angélique (mon amie et mon ange gardien de toujours), Frédéric, et Jonathan. J'ai encore des contacts avec Angel et Jona aujourd'hui, quant aux autres je n'en ai malheureusement plus entendu parler, sauf en de rares occasions, mais je ne les ai pas revu.
Il y a encore deux grands moments que je n'évoquerai pas ici mais qui m'ont apporté des joies exceptionelles, ce sont mes deux communions. Une montagne de cadeaux, une fiesta délirante et ce sentiment qui nous rend égoïstement euphorique d'être pour un jour le centre du monde. Il y a eu aussi quelques anniversaires très réussi grâce à l'imagination fertile de mes parents. Bref, nous ne rations jamais une occasion de faire la fête! Et ces douze premières années de ma vie me laissent une impression de bonheur absolu, et quand j'y pense et que je laisse la nostalgie m'envahir, je donnerais cher pour un retour en arrière, ne fut-ce que quelques instants...

Deux mois de vacances bien mérités avant d'entamer une nouvelle aire, celle de Saint-Roch! Cette époque mérite bien que je lui consacre un article entier (pour commencer...), c'est pour ça que je m'arrête ici et vous donne rendez-vous prochainement pour des aventures pas toujours très ... catholiques! ;-)

Kissous,

Ju

# Posté le mardi 12 avril 2005 10:32

Modifié le mardi 12 avril 2005 16:24

Sky fait des siennes...

Comme vous l'aurez peut-être remarqué, il y a un problème lors de l'envoi d'un commentaire, merci à Ced & Angel de me l'avoir signalé. J'ai moi-même des soucis lorsque je tente de poster des articles. Faites comme moi, soyez patient. Mais si les problèmes persistent sur skyblog, j'ai dans l'idée de déménager sur skynetblogs. Je vous tiendrai au courant de toute façon.

A bientôt,

Ju
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# Posté le mardi 12 avril 2005 16:31